L'enseignement du Dr. Chujiro Hayashi

Hayashi donnait des cours mensuels à Tokyo et à Osaka. Il enseignait deux fois par an à Ishikawa, dans la branche de Daishoji.
L'initiation était donnée en premier, suivie d'une conférence expliquant la nature du Reiki. Avant une initiation, Hayashi faisait asseoir ses élèves devant un parchemin qu'il avait calligraphié, représentant le Gokai (les Cinq Idéaux ou Principes) et il les enjoignait à le suivre tout en récitant les Principes. Il demandait à ses enseignants de faire de même parce que le parchemin « possède une grande énergie qui purifie le lieu ». La récitation du Gokai prépare pour le Reiju (l'initiation/harmonisation). Il récitait aussi des poèmes et avait parfois des élèves qui récitaient des Gyosei (poèmes écrits par l'empereur Meiji) avant de donner le Reiju.
Chaque receveur était accordé par chaque Shihan présent, l'un après l'autre. L'accent était mis sur la réception régulière

Chiyoko Yamaguchi a reçu son premier accompagnement spirituel par Hayashi en 1938, alors qu'elle avait 17 ans. Elle reçu ensuite une formation de son oncle, Wasaburo Sugano et, avec l'approbation d'Hayashi, elle est devenue Shihan à l'automne 1939, en un temps plus court que d'habitude.
Elle a pratiqué le Reiki discrètement au Japon pendant 65 ans, jusqu'à ce que son décès en 2003. Son point de vue est inestimable pour comprendre comment Hayashi enseignait et pratiquait le Reiki. Son récit de sa première harmonisation qu'elle a reçue d'Hayashi évoque un puissant sentiment de ce que cela a dû être d'être présent pendant un Reiju­kai (atelier) avec lui.

La sœur aînée de Chiyoko, et d'autres membres de sa famille, pratiquaient le Reiki, et elle attendait avec impatience le jour où elle serait initiée également. Son oncle exigea qu'elle attende la fin de ses études secondaires. Le jour venu, elle s'habilla dans un kimono neuf que son oncle lui avait offert pour l'occasion et elle s'est rendue au séminaire, avec sa sœur Katsue, qui commençait à 10 heures.
Étant la plus jeune personne présente depuis plusieurs années, elle se sentait légèrement intimidée par l'atmosphère formelle, et impressionnée par la tenue vestimentaire des Shihans présents.
Les organisateurs de l'événement ont accueilli les participants et ont expliqué comment ils devaient recevoir le Reiju. On leur a demandé de s'asseoir dans la posture du seiza (posture assise japonaise formelle, jambes repliées sous le corps, de sorte qu'on soit assis sur ses talons) avec les yeux fermés, assis droit et en veillant à ne pas exercer de pression sur le tanden (un point situé juste en dessous du nombril). Il a été expliqué que ceux qui dispensaient les initiations toucheraient le participant pour indiquer qu'ils doivent placer leurs mains en gassho afin que l'harmonisation commence. Une fois leurs mains en gassho, le Shihan posait une main sur la tête et procédait à l'harmonisation. On leur a dit qu'une seconde initiation leur serait donnée avec les mains du Shihan autour de celles en gassho du participant. Ils ne devaient ni se lever ni parler, mais attendre en silence que tout le monde ait reçu le Reiju.
Une fois les instructions données, Hayashi Sensei entra dans la pièce. Il était vêtu d'un haoari et d'un hakama (kimono traditionnel japonais). Chiyoko le décrivit comme un homme grand et digne avec une allure impressionnante, qui semblait avoir une lumière brillante rayonner tout autour de lui.
Après Hayashi en premier, les participants ont récité le Gokai. Il a commencé avec « kyo dake wa » (juste pour aujourd'hui) et les participants ont répété cela ainsi que les lignes restantes, à l'unisson, trois fois :

kyo dake wa (juste pour aujourd'hui)
ikaru-na (ne te mets pas en colère)
shinpai suna (ne t'inquiète pas)
kansha shite (sois reconnaissant)
gyoo hageme (travailler dur)
hito-ni shinsetsu-ni (être gentil avec les autres)

Ensuite, la lumière a été éteinte et les volets fermés, de sorte que la pièce restait très sombre. Hayashi Sensei a exécuté le Reiju, suivi par d'autres Shihans. Chaque Reiju durait environ cinq minutes. Hayashi chantait les Gyosei de l'empereur Meiji tout au long du Reiju.
Après que les étudiants aient reçu l'initiation, ils ont effectué le Reiki Mawashi (pratique permettant la circulation du Reiki) en formant un cercle et en plaçant leurs mains sur le dos de la personne en face d'eux, restant dans cette position pendant 10-20 minutes. Parfois, Hayashi rejoignait le cercle ; à d'autres moments, il était assis au centre, dirigeant les participants. Cela était suivi d'une conférence et ensuite, dans l'après-midi, ils passaient aux travaux pratiques.
Après que des initiations aient été données, Hayashi expliquait la théorie derrière le Reiki. Il disait à ses étudiants : « Le Reiki guérit les problèmes de bas en haut. »
Hayashi parlait des maladies de l'époque et discutait du processus de guérison naturelle du corps et comment le Reiki l'active. Il a utilisé la métaphore d'un ruisseau boueux, disant aux étudiants que le Reiki remue une énergie stagnante, tout comme les sédiments vont refaire surface lorsqu'un cours d'eau est perturbé. Au fur et à mesure que les sédiments de surface sont retirés, le ruisseau semblera plus clair, bien que certains sédiments sombrent à nouveau au fond. Continuant le processus de faire remonter les sédiments à la surface et les enlever, cela aboutira finalement à un cours d'eau clair. Tout comme un cours d'eau perturbé semblera boueux, une énergie stagnante perturbatrice peut entraîner une réaction de guérison ou des symptômes s'aggravant temporairement, mais comme l'énergie stagnante continue à être enlevée, le corps devient clair, tout comme le le cours d'eau devient clair si les sédiments boueux sont enlevés. Il décrivait la guérison comme le processus de fabrication du papier le plus fin, dont chaque feuille est affinée, jusqu'à ce que l'être en bonne santé soit révélé. Il montrait un tableau anatomique et discutait de la fonction de chaque organe et l'application du Reiki en fonction des symptômes présentés.
Dans l'après-midi, les étudiants donnaient et recevaient des traitements et traitaient aussi les personnes du quartier qui étaient en mauvaise santé.

Degrés et Classes :

Bien que les diplômes et les classes diffèrent quelque peu de ceux donnés dans le Reiki Occidental, ils correspondent de manière générale comme listé ci-dessous :

Shoden (premier degré) — Reiki I
Okuden (deuxième degré) — Reiki II
Shinpiden (enseignement du mystère) — Reiki III

Shoden se composait de quatre niveaux, qui étaient appelés : 6e degré (le plus bas), 5ème, 4ème et 3ème degrés. Chaque niveau consistait en un séminaire de trois heures suivi d'une session pratique d'échanges de traitements.
Selon Tadao Yamaguchi, durant le Shoden les participants apprenaient le premier symbole et le Ketsueki Kokan Ho (Kekko), une technique qui se traduit par « méthode d'échange de sang » mais qui est un moyen d'améliorer la circulation par le massage. Ils pratiquaient le Reiki Mawashi et le Reiki Okuri (envoi de Reiki avec les paumes, se faisant face mais ne se touchant pas). Ils apprenaient aussi Hatsurei-ho, ou la méthode pour irradier le Reiki. C'était un régime d'exercice individuel de cinq jours qui prenait 30-40 minutes à réaliser, et était un moyen d'augmenter le flux de Reiki. Ils passaient également du temps chaque jour avec des exercices pratiques.
Takata a dit à Fran Brown que Shoden était complété en quatre jours. Le premier jour, l'accent était mis sur les positions de base au-dessus du cou et les maladies qu'elles traitaient. Durant le deuxième jour, c'était le traitement sur le devant du corps. Les positions sur le dos se faisaient le troisième jour. Le quatrième jour, on abordait les cas aigus et les accidents.
Okuden était divisé en deux sessions : Okunden-Zenki et Okuden-Koki. Les étudiants n'étaient autorisés à participer au cours de formation Okuden qu'après beaucoup pratiqué, ce qui leur permettait de ressentir Byosen (zones problématiques). Cela prenait généralement environ trois mois, mais pouvait prendre jusqu'à six mois ou une année. Cependant, Hayashi Sensei a parfois donné cinq jours intensifs de cours pour les deux degrés, Shoden et Okuden, couplés avec des heures plus longues chaque jour où il enseignait en dehors de Toyko et d'Osaka. Pendant le cours Okuden, ils recevaient le symbole mental/émotionnel et apprenaient comment l'utiliser pour le traitement des problèmes psychologiques et les traumatismes. Ils apprenaient également à envoyer un traitement à distance et ils recevaient le Jumon (mantra) du soin à distance. Selon F. Arjava Petter, les élèves apprenaient aussi Ketsueki Kokan au niveau d'Okuden.
Shinpiden se composait de deux niveaux, Shihan-Kaku ou assistant enseignant, autorisé à enseigner le cours Shoden, et Shihan ou enseignant, autorisé à enseigner à la fois Shoden et Okuden. Les diplômes Shihan n'étaient pas donnés dans un séminaire comme ils le sont aujourd'hui. Lorsqu'une personne était (jugé) prête (par Hayashi), elle apprenait à donner le Reiju en privé. Hayashi déterminait quand un praticien, qui avait complété Okuden, s'était suffisamment entraîné et était qualifié pour recevoir Shihan ; passer à ce niveau n'était pas le choix du pratiquant. Hayashi avait donné à certains Shihans la permission d'enseigner aux assistants enseignants.
Les symboles et méthodes d'harmonisation n'étaient pas écrites mais transmises comme une tradition orale par Usui et Hayashi.

Symboles :

Selon Yamaguchi, les étudiants n'étaient pas initiés aux symboles ; les symboles étaient simplement introduits. Elle faisait une distinction entre les symboles (Shirushi) et les mantras (Jumon). Le symbole de pouvoir et le symbole mental/émotionnel sont des symboles ; ce que nous considérons comme étant le symbole de la guérison à distance est en fait un Jumon ou mantra. Cela explique pourquoi il est composé de kanji que l'on peut trouver dans tous les dictionnaires japonais. On ne dit pas le nom d'un symbole quand il est dessiné, comme nous le faisons en Occident ; cependant, on dessine et répète simultanément un Jumon.
La puissance d'un Jumon est de le dire à haute voix. Yamaguchi disait du symbole du Pouvoir : « Il signifie l'endroit le plus élevé, celui que les humains ne peuvent pas atteindre et qui est la source du Reiki. Usui Sensei l'a pris d'un concept shinto et il est utilisé pour concentrer l'énergie afin d'attaquer le Byosen. » Hayashi conseillait ses étudiants de ne pas en abuser. Le symbole mental/émotionnel est basé sur une lettre sanskrite et il est utilisé spécifiquement pour le traitement psychologique. Selon Hiroshi Doi, Usui n'a pas utilisé le symbole du maître pendant les initiations, et il n'est pas utilisé non plus par la Gakkai de nos jours. Mme Yamaguchi ne l'a pas non plus utilisé. Cependant, Takata devait l'avoir, et W. Rand suggère que c'est Hayashi qui a dû l'ajouter, surtout depuis qu'il lui avait été demandé par Usui de développer le processus d'harmonisation. Si Hayashi l'a ajouté, il pourrait ne pas l'avoir enseigné à tout le monde, ce qui explique pourquoi Mme Yamaguchi ne l'a pas, ou il n'en a peut-être pas développé l'utilisation dans ses débuts, alors qu'il l'avait donné à Takata, qui est l'une de ses dernières enseignantes qu'il ait formé avant sa mort.

Source du pdf complet : L'histoire du Dr Chujiro Hayashi

© Traduction Patrice Gros

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